Petit exemple : à titre informatif, j'utilise les outils pour webmaster de Google, qui permettent, entre autres, de lister les requêtes de recherche les plus utilisées pour accéder à Pure Gonzo Journalism. J'ai failli écrire "le verdict est sans appel", mais ce lieu commun suppose une conclusion évidente qui, ici, est plutôt difficile à tirer. Jugeons plutôt : parmi le top des requêtes, on trouve des choses aussi diverses que magazine le monde des couches (classé 9ème, alors que la requête fait apparaître PGJ 54ème, autant dire qu'il faut vraiment vouloir se lancer dans une collecte d'information particulièrement exhaustive pour arriver ici en passant par là), harlequin lecture "en veux tu pas" (PGJ arrivant 5ème dans les résultats de recherche, même si je ne suis pas sûr que ce soit le genre de public que nous recherchons) ou encore comment faire en sorte que l'acheteur vienne chercher l'objet sur ebay. Je m'interroge.

Encore plus gouleyant, à la troisième place des résultats effectivement cliqués par les gougueuleurs, on trouve exercice pour grossir le pénis (Dieu merci, PGJ apparaît seulement 40ème dans les résultats). Même si nous sommes extrêmement flattés de nous voir attribuer une telle expertise dans un domaine aussi pointu, je suis au regret de t'annoncer, toi qui viens chercher des tuyaux pour gonfler le tien, qu'a priori la lecture de ces pages n'aura pas d'effet direct sur ton anatomie.

Franchement c'est à s'interroger : évidemment, ma maman m'avait bien dit qu'Internet était rempli de gens bizarres, mais arrêtons nous un instant : qui, au nom du ciel peut bien, non seulement aller regarder jusqu'au 40ème résultat sur ce sujet, mais en plus effectivement cliquer sur notre lien ? Quel genre de pervers délicieusement polymorphe peut avoir une telle soif d'information sur la question ? Ou bien est-ce que cela veut dire que les 39 sites précédents dans le classement se sont révélés décevants ?

Mu par la rigueur scientifique et l'abnégation journalistique (la même qui oblige les journalistes de télé à se taper des ministres par pur professionnalisme) j'ai donc, moi aussi, tapé cette phrase malheureuse dans Google. J'ai été bien inspiré d'aller regarder la queue des résultats, puisque, grosse déception, je n'ai pas vu PGJ apparaître. Pourtant, c'est Google qui me l'a dit, hein, je veux dire, ça doit bien être vrai. Il va falloir que je fouille un peu, essayer en français ou en anglais, c'est quand même très frustrant de s'apercevoir à mi-billet qu'on est en train de balancer de l'info qui n'en est pas.

Cela dit, j'ai trouvé, au milieu de divers sites de gymnastique pénienne, un rapport du ministère de la santé canadien intitulé Lignes directrices internationales pour l'estimation des coûts évitables de l'abus de substances. De la à y voir un signe du destin, il n'y a qu'un pas. Mais de puregonzojournalism, point.

En revanche, et je sais que ça en réjouira certains, on fait deuxième pour Sarkozy psychose amphetaminique. Derrière un article de l'Huma. Ca a l'air alléchant comme ça, un papier dans l'Huma avec ces mots clefs, on s'attend tout de suite à un truc à la pointe de la dénonciation, mais en fait l'article est une interview de 1993 d'un monsieur qui visiblement a trouvé son diplôme de médecin dans une pochette surprise (le mec arrive quand même à confondre mauvais trip au LSD et psychose amphétaminique) sur le thème rhalala, l'ecstasy quel fléau chez les jeunes ma bonne dame; Sarkozy apparaît en fait dans un des liens vers d'autres articles d'archive, sur le côté. Déception.

Toujours dans le registre Internet-c'est-fantastique, j'avoue, hier je m'ennuyais, ce qui est souvent un signe avant-coureur des pires conneries, et je suis allé chercher la vidéo de la pendaison de M. Hussein (pourquoi tout le monde l'appelle "Saddam" et pas "Hussein" ? - peut-être à cause du roi Hussein de Jordanie ?) histoire de voir de mes yeux pourquoi on en fait autant de foin. Et puis c'est comme le dernier Cronenberg, un truc qui fait tendance quand on dîne en ville.

En fait, pas grand chose à dire, surtout si on ne comprend pas les interjections en arabe. On aurait pu y envoyer une équipe à Jean-Pierre Pernaud, je suis sûr qu'il aurait su faire un lancement digne et efficace, du genre "Dans la banlieue de Falloujah, une famille de Chiites tresse les meilleures cordes du pays, de père en fils..." Ou carrément ISPN. Ah, si, il y a quand même un coup de théâtre qui vaut le coup d'oeil, bon, je veux pas gâcher l'intrigue pour ceux qui l'ont pas vu, de toutes les manières tout le monde sait qu'à la fin il meurt, mais le petit plus qui fait toute la différence, le manque de respect final qui a ajouté à la controverse, c'est l'ouverture surprise de la trappe alors qu'Hussein est au milieu de sa prière. D'un point de vue humain, c'est moyennement cool, mais d'un point de vue cinématographique, c'est du plus bel effet, le coup de la surprise qui fait sursauter typique du film d'horreur hollywoodien.

On lui aurait aussi refusé une dernière cigarette. Le lobby antitabac aura notre peau, les enfants.

RD